Catégorie : Portraits de Gadzarts

Parcours d’ingénieurs Arts et Métiers, documentés à partir de sources publiées.

  • Constantin Rouits (Li. 204), un ingénieur au pupitre

    Constantin Rouits (Li. 204), un ingénieur au pupitre

    Photo : Winston Chen sur Unsplash

    Fils d’une famille de musiciens, ingénieur Arts et Métiers, Constantin Rouits (Li. 204) a finalement choisi la baguette. Chef d’orchestre à l’opéra de Massy il est cofondateur du Sinfonia Pop Orchestra.

    Pythagore voyait déjà dans la musique une science mathématique. Constantin Rouits pourrait en être une illustration : élevé au son des cordes, il a pourtant tenu à décrocher son diplôme d’ingénieur avant de se consacrer à la direction d’orchestre. Retour sur un parcours singulier, d’après le portrait que lui a consacré Arts et Métiers Magazine en novembre 2018.

    Une famille de musiciens

    Chez les Rouits, la musique est une affaire de famille. Le père, Dominique, de formation littéraire, mathématique et musicale, a fondé en 1989 l’orchestre de Massy, dans l’Essonne, dont il est resté le directeur artistique. La mère, Ghislaine, est altiste. Le frère aîné, Cyprien (Ch. 99), est lui aussi gadzarts.

    Constantin, le cadet, commence le violoncelle à 4 ans. Il assure que ses parents ne l’ont jamais forcé, mais il le reconnaît : une carrière musicale se prépare très tôt.

    Des études d’ingénieur avant de devenir chef d’orchestre

    Bon élève, le jeune Francilien hésite en terminale puis choisit une classe préparatoire, par goût des sciences. Il intègre les Arts et Métiers à Lille, une ville qu’il retient pour deux raisons : son conservatoire réputé, où enseigne le chef d’orchestre Jean-Sébastien Béreau, et une vie de campus ouverte sur l’extérieur. C’est aussi à Lille qu’il rencontre sa compagne.

    En deuxième année, entre 2005 et 2006, sa décision mûrit : il ne quittera pas la musique. Il termine pourtant son cursus à Paris, en se spécialisant en systèmes d’information, et obtient son diplôme en 2007.

    Il reprend alors les études à l’École normale de musique de Paris puis au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris : composition, harmonie, analyse, contrepoint et direction d’orchestre. Diplômé chef d’orchestre de l’École normale en 2009, puis du Conservatoire en 2012, il enseigne en parallèle la direction d’orchestre au conservatoire Maurice-Ravel de Levallois, de 2007 à 2017.

    Le Sinfonia Pop Orchestra, de Pixar à Dragon Ball

    En 2010, il cofonde avec l’altiste Jean-Philippe Fournier le Sinfonia Pop Orchestra. L’ensemble se consacre à la musique de film : bandes originales de longs-métrages comme Au poste ! de Quentin Dupieux, concerts en partenariat avec Disney et Pixar, œuvres de John Williams.

    Le jeu vidéo complète ce répertoire et attire un public qui ne viendrait pas forcément au concert classique. En octobre 2018, l’orchestre lance au Grand Rex, à Paris, la tournée « Dragon Ball Symphonic Adventure », poursuivie à Bruxelles et à Lausanne.

    Chef permanent à l’opéra de Massy

    Depuis 2013, Constantin Rouits est chef d’orchestre permanent, directeur adjoint et directeur de la programmation de l’orchestre de l’opéra de Massy. À la parution de l’article, il préparait Les Noces de Figaro de Mozart pour décembre 2018. Il rappelle que l’étude des partitions occupe l’essentiel de son temps : six mois au moins pour un opéra.

    Que lui ont apporté les Arts ? Le sens du collectif, répond-il. Pour lui, le chef d’orchestre ressemble à un chef d’équipe, voire à un entrepreneur.

    Découvrez l’article complet

    Ce portrait résume l’article de Claudine Moitié, paru dans Arts et Métiers Magazine n° 404 (novembre 2018). La version intégrale contient la photographie du Sinfonia Pop Orchestra au Palais des Congrès, le portrait de Constantin Rouits par Chantal Droller, sa chronologie et l’encadré « Le rôle du chef d’orchestre ».

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      Sources identifiées

      • Claudine Moitié, « Un gadzarts à la baguette », portrait de Constantin Rouits (Li. 204), Arts et Métiers Magazine, n° 404, novembre 2018, p. 68-69.
      • Charlotte Loisy, « Ciné-concert Pixar : rencontre avec le chef d’orchestre », Citizenkid, consulté le 23 octobre 2026 (lire en ligne).
      • « Constantin Rouits, biographie », InfoConcert, consulté le 23 octobre 2026 (lire en ligne).
      • Site du Sinfonia Pop Orchestra (consulter en ligne).
      • Site de l’orchestre de l’opéra de Massy (consulter en ligne).
    • Henri Cuinat (Ch. 1881), l’homme de l’acétylène

      Henri Cuinat (Ch. 1881), l’homme de l’acétylène

      Photo : Philippe Serrand sur Pexels

      Ingénieur Arts et Métiers, pionnier de l’acétylène dans les Alpes, puis ferblantier à Paris : Henri Cuinat (Ch. 1881) a mené deux carrières en une vie. Portrait d’un industriel devenu artisan.

      À la fin du XIXe siècle, une nouvelle lumière fait concurrence au gaz de ville : l’acétylène. Parmi ceux qui l’ont produite à l’échelle industrielle figure un Gadzart, Henri Cuinat. En quelques années, il développe un processus primé à l’exposition universelle de 1900 et crée une usine. Puis il quitte la direction de son affaire pour un métier bien plus modeste. Retour sur un parcours hors norme, d’après le portrait que lui a consacré Arts et Métiers Magazine.

      Un fils d’officiers à Châlons

      Henri Cuinat naît le 9 décembre 1865 à Flines-lez-Raches, dans le Nord. Son père et son grand-père sont officiers de carrière, tous deux décorés de la Légion d’honneur.

      En 1881, il entre à l’École d’Arts et Métiers de Châlons, dont il est diplômé en 1884.

      L’acétylène de la Romanche

      Fin 1895, Henri Cuinat se lance à son compte. Il dépose un premier brevet pour un moteur à gaz et à pétrole qui évacue complètement les gaz brûlés. Un second brevet porte sur un gazogène automatique à acétylène. Il installe un siège à Paris et un atelier à Compiègne, dans l’Oise.

      L’acétylène est alors une source de lumière d’avenir. Ce gaz se forme quand le carbure de calcium entre en contact avec l’eau, et il éclaire environ trois fois plus que le gaz de ville. Le procédé de Cuinat consiste à empiler des galettes de carbure dans des paniers. L’eau ne monte qu’au fur et à mesure que le gazomètre se vide, ce qui règle la production de gaz sans intervention.

      Pour fabriquer son carbure, il lui faut beaucoup d’électricité, donc de l’énergie hydraulique. Il la trouve dans la Romanche, en Isère.

      Le 4 avril 1897, il fonde la Compagnie française des carbures de calcium (CFCC). Cuinat en est l’administrateur délégué et le directeur de l’usine située à Séchilienne. À l’Exposition universelle de Paris de 1900, son carbure reçoit une médaille d’or pour sa qualité et sa pureté.

      L’entreprise est rentable d’emblée et le restera longtemps. Modernisée après 1948, la CFCC se diversifie, prend le nom de Séchilienne, puis devient Albioma, aujourd’hui spécialisée dans les énergies renouvelables.

      1901 : le virage de la ferblanterie

      En 1901, après la mort de son père et la naissance de sa troisième fille, Henri Cuinat, âgé de 36 ans, change radicalement de vie. Il reste administrateur de la CFCC mais quitte la direction de l’usine. En 1902, il rachète un fonds de ferblanterie à Paris.

      Il innove dans ce nouveau métier. Il dépose plusieurs brevets et publie un Manuel de ferblanterie-zinguerie, cuivrerie et tôlerie chez l’éditeur J.-B. Baillière. Ses raisons de quitter l’industrie restent mystérieuses.

      Henri Cuinat meurt le 29 janvier 1933 à Saint-Mandé.

      Couverture illustrée du Manuel de ferblanterie, zinguerie, cuivrerie et tôlerie de H. Cuinat, éditions J.-B. Baillière et Fils : un ouvrier et un apprenti à l’établi.
      Couverture du Manuel de ferblanterie-zinguerie d’Henri Cuinat, chez J.-B. Baillière et Fils. Rééditions 1937, 1951 et 2023.

      Découvrez l’article complet

      Ce portrait résume l’article d’Henri Frier (Ai. 163), paru dans Arts et Métiers Magazine n° 426 (avril 2021). La version intégrale contient la photographie de l’usine de Séchilienne vers 1905, le schéma annoté du gazogène Cuinat et l’encadré consacré à l’historien Gilles Rey.

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        Un article de presse d’époque, un chapitre d’ouvrage, un brevet, un rapport de l’Exposition de 1900, une notice dans un annuaire ou un bulletin technique : toute référence publiée nous aide à mieux documenter son parcours.

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        Sources identifiées

        • Henri Frier (Ai. 163), portrait d’Henri Cuinat (Ch. 1881), Arts et Métiers Magazine, n° 426, avril 2021, p. 58-59.
        • Gilles Rey, Au pays de Séchilienne, d’un siècle à l’autre, Amis de l’Histoire du Pays vizillois, juin 2020, 448 p. (ouvrage dont s’inspire le portrait du magazine).
        • Henri Cuinat, article sur le moteur à gaz Ravel, Bulletin technologique de la Société des anciens élèves des Écoles nationales d’Arts et Métiers, mai 1890.
        • Henri Cuinat, Manuel de ferblanterie-zinguerie, cuivrerie et tôlerie, J.-B. Baillière (date à préciser).